Iwaria, un autre regard sur l’Afrique en photo

Une des photos présentes dans la banque d'image Iwaria. Crédit photo Iwaria

En 2015, le hashtag #TheAfricaTheMediaNeverShowsYou  a été lancé sur Twitter pour mettre en question l’image du continent africain dans le monde. Les internautes voulaient casser les stéréotypes associés à l’Afrique à travers des photos plus diversifiées et positives. Iwaria a répondu à cette problématique.

Fondée en 2016 au Bénin par Aurelle Noutahi et Basile Barrincio, Iwaria se positionne aujourd’hui comme la seule banque de photos africaines gratuites et libres de droit. Sur la plateforme collaborative, ce sont les contributeurs qui diffusent leurs photos. Yeelenpix et AfricanStockPhoto sont également des banques de photos dédiées au continent africain mais les photos sont payantes.

J’ai pu poser des questions à la co-fondatrice Aurelle Noutahi :

 L’idée de créer Iwaria est venue d’un problème personnel que j’ai rencontré, celui de ne pas trouver des images africaines de qualité pour illustrer mes projets. Je ne trouvais simplement pas des images de cette Afrique que je vis et connais. Et malheureusement, l’Afrique ne se retrouve souvent bien illustrée dans les médias et particulièrement sur Internet que quand il s’agit de la pauvreté, des maladies, des dictateurs criminels, des guerres civiles et ethniques, de la famine, de la violence, etc.

Certes, sur Internet on peut trouver des images de noirs, mais le style, les traits et l’environnement ne sont généralement pas africains. Et si l’on souhaite communiquer avec une audience africaine, la cible s’y identifie difficilement.

Iwaria est née de cette frustration. De l’envie de montrer l’Afrique telle qu’elle est, de la faire découvrir à qui veut prendre la peine de la connaître, de donner de la matière à toutes ces personnes qui sont à la recherche de contenus africains pour communiquer. Basile Barrincio, co-fondateur et CTO de Iwaria, a épousé l’idée et ensemble nous en avons fait notre projet commun.

Un bien commun numérique

Femme noire, au teint noir. Crédit photo nardb8/Iwaria

La photographie s’est démocratisée. Aujourd’hui, n’importe où et n’importe quand, une photo peut être prise et diffusée immédiatement sur Internet. Mais quand est-il du devenir de la photo ? Libre, privée, partageable ?

Iwaria est libre :

Iwaria est avant tout née d’une passion, d’une volonté de faire les choses différemment et d’impacter. C’est une banque de photos libres et gratuites parce que l’objectif est de rendre ce contenu accessible au plus grand nombre mais aussi de permettre à toutes ces personnes qui utiliseront les images de le faire le plus librement possible. Car l’une des choses dont les gens n’ont pas conscience est que toute image trouvée sur Internet n’est pas gratuite et l’auteur peut réclamer des droits. Disons que l’objectif d’Iwaria est de démocratiser le contenu africain. 

Iwaria s’organise :

 Iwaria étant une plateforme participative, tout le monde peut devenir contributeur. Nous collaborons avec plusieurs photographes professionnels et amateurs qui n’hésitent pas à partager leurs prises avec la communauté, mais organisons également régulièrement des shootings photos pour accélérer la création et la disponibilité de contenus dans certains secteurs.

Partager des photos libres de droits, échanger des photos qui ont un rapport avec l’Afrique, et surtout conforter l’idéal du bien commun sont les objectifs des fondateurs d’Iwaria.

La question de l’épuisement des ressources ne se pose pas, mais en réalité, c’est l’implication citoyenne qui est un enjeu.

Iwaria devrait-elle être financée sur le long terme ? Sous forme de don ? Un bien commun numérique est-il contraint d’associer l’économie numérique à son projet ? C’est à double tranchant puisque par définition un commun tente de s’émanciper des grands acteurs du numérique. L’utopie d’un monde non-marchand dans le commun est une problématique actuelle. L’actualité annonce la tragédie des communs : en 2018, le rachat de GitHub, une importante plateforme de création de logiciel libre, par Microsoft a suscité énormément de craintes concernant l’avenir de la “culture libre”.

4 Commentaires

  1. Article intéressant, excellente démarche en entreprenant ce projet dit  » Iwaria « , il est vrai si les images que nous avont de l’Afrique sont souvent des images reflétant pauvreté et famine…

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