Voyage en Côte d’Ivoire : le marché d’Abobo (1/3)

Un séjour à Abobo, un été en Côte d’Ivoire. Entre rencontres, joie et colère baignez dans mon feuilleton ivoirien. Trois épisodes dont le premier se déroule au marché d’Abobo. Un marché où routine et racontar se joignent aux abobolais.

Ce dimanche 17 septembre, ce marché a été incendié, RFI rapporte que le lieu est quasiment détruit.

Un jour à Abobo

Abobo est une commune d’Abidjan. Perçue comme la plus dangereuse et pauvre. Pour autant, je m’y sentais bien.

Mon été à Abidjan était à Abobo, au quartier Plateau Dokui. Pas trop d’insécurité, contrairement au coin de la gare où, les microbes font parfois des opérations coup de poing avec des machettes.

Routes un peu rocailleuses. Les apprentis à la recherche de passagers criant « Adjamé Liberté » ou « la gare ». Ekolo oyo de Fally Ipupa en boucle : le Plateau Dokui est toujours animé.

Souriant, accueillant et charmant. Bien qu’une montagne de déchets y ont posé leur valise.

Mon dernier séjour en Côte d’Ivoire remonte à 2012. Abidjan a émergé. Par contre, Abobo est toujours dépourvue de bonnes routes. Chose essentielle.

Voici les trois grands changements que j’ai constaté :

  • d’énormes embouteillages
  • le pont Henri Konan Bédié
  • les vendeuses à la sauvette de poissons au marché d’Abobo

Le poisson, force de vente du marché abobolais

Le marché abobolais, de temps en temps j’y fesais un tour. Pour saluer, faire des achats et le contempler. C’est pas cher. On trouve tout. Impressionnant. Le poisson se vend comme de l’attiéké là-bas. Des vendeuses à la sauvette s’installent sur la route réservée aux voitures pour vendre toutes sortes de poissons. À des prix défiants toutes concurrences.

Le poisson sort du carton, le poisson de mer est inaccessible vu son tarif. Enfants, adolescents, adultes : le poisson est la force de vente du marché. Cependant, ces vendeuses commettent deux infractions. Elles vendent sans autorisation. Elles ne payent pas leur droit à la mairie. Puis, elles vendent sur la route. Or, la mairie a construit une route pour les voitures.

Chaque jour, un agent de la mairie vient et essaie tant bien que mal de chasser ces vendeuses. Travail inutile. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. À vrai dire, c’est la routine. Un jeu. Armé d’un martinet, chapeau de cow boy, d’une allure dynamique il poursuit les vendeuses. Celles qu’il attrape se voient confisquées leur marchandise jusqu’au soir – avec une amande à la clé.

La guerre voiture/ vendeuse

Les vendeuses à la sauvette savent pertinemment qu’une voie pour les voitures existent au marché. Rien n’y fait. Chaque jour que Dieu fait, cette voie est inondée de vendeuses et de marchandises au sol. Dès qu’une voiture passe à vive allure, les jeunes filles crient « la mort ». Comme un message, pour prévenir du potentiel danger. Un jour, alors que j’attends mon plat cul de dindon, alloco et attiéké (un pur bonheur) une scène inouïe se présente sous mes yeux.

Une femme et un homme se battent. Des coups, des hurlements : un vrai palabre. L’objet de la discorde : les voitures et les vendeuses ne peuvent cohabiter ensemble. La vendeuse l’a bien fait comprendre au conducteur. La voiture est bloquée à cause des marchandises. À multiples reprises, il demande à la dame de pousser ses affaires. Elle refuse. Il descend, elle s’apprête. La bagarre. Heureusement, le marché c’est aussi des bons moments.

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