Voyage en Côte d’Ivoire : Zo Kalanga le photographe amateur (2/3)

Une photo symbolique de Zo Kalanga. Crédit photo Zo Kalanga, avec son aimable autorisation

Zo Kalanga est un photographe ivoirien. Amateur, mais très professionnel ses photos racontent la jeunesse ivoirienne.

Zo Kalanga un autodidacte de la photo

Pas besoin de dévoiler son identité. Zo Kalanga, son nom d’artiste lui suffit. Jeune photographe de 22 ans, passionné et doué, nous avons pu nous rencontrer dans un studio qui lui fait office de bureau, à Marcory. Cahier en main, il répond à mes questions. Avant l’interview, je lui dévoile mon admiration pour ses photos. Elles m’ont envoûté, d’où le souhait de le rencontrer.

Une vendeuse de banane à Abidjan. Crédit photo Zo Kalanga. Avec son aimable autorisation

Alors, qui est-il ?

  • Zo Kalanga  : Jeune mais ambitieux. Une licence pro en graphisme, mais c’est la photographie qui le passionne plus. Il aime les choses bizarres et mystiques. Une référence au chiffre 667 qui accompagne également son nom d’artiste. 667 suit le chiffre 666 connu pour être celui de Satan. (Satan tu es vaincu !)
  • Son nom d’artiste : Zo Kalanga me fait penser à des musiques de coupé décalé. Telle a été ma réaction lorsque je suis allée pour la première fois sur sa page Facebook. Kalanga vient du bantue, langue parlée dans plusieurs pays d’Afrique centrale. En bantue, on pourrait le définir comme quelque chose qui fait trembler. Il a alors associé kalanga avec le mot zo qui signifie beau ou belle en nouchi ivoirien. Zo s’est popularisé en Côte d’Ivoire grâce à la chanson « I pe pa » de Serge Beynaud et TNT. Une création authentique pour un nom authentique. Un nom hors du commun et totalement africain. Tout ce qu’il aime.
  • Son concept : « Montrer la jeunesse ivoirienne à travers ses photos » dit Zo Kalanga. Voilà pourquoi il a photographié Noëlla Tanoh. Noëlla Tanoh a fait une sex-tape en 2016. Buzz national, la vidéo a été vue des millions de fois sur la toile et même mise en vente sur le marché. Ce qui se passe dans ses photos n’est pas inventé.

L’Arafat de la photo

Il est photographe amateur, mais son souhait est qu’elles plaisent aux photographes professionnels : « Je veux être le Arafat de la photographie ivoirienne », confie Zo Kalanga.

Il n’a pas de studio photo à proprement parler, mais sa créativité paie. Après tout, l’art c’est ça. Actuellement, il distingue tout de même deux types de photos à valeur différente. La photo commerciale et la photo symbolique.

La photo commerciale, parfois faite rapidement : c’est ça qui lui permet de réaliser encore des photos. Ce genre de photo lui permet d’acheter du matériel et pouvoir faire de meilleurs photos. Elles sont faites en *chap chap pour lui. Plusieurs photos sont réalisées en un coup d’oeil. Cela ne lui ressemble pas.

Travailler en chap chap n’est pas son but, mais un mal nécessaire pour faire de la qualité. A contrario, les photos symboliques, c’est ce qu’il aime. Zo Kalanga arrêtera les photos commerciales quand il aura suffisamment d’argent pour pouvoir faire uniquement des photos symboliques.

Une photo symbolique de Zo Kalanga. Crédit photo Zo Kalanga. Avec son aimable autorisation

Une vieille corde à linge appartenant à sa mère, une bouteille d’alcool, un jeu de couleur et de l’inspiration.

*chap-chap : vite ou rapide en nouchi ivoirien

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